Richard Roux

 

Né à Nice le 12 février 1952, Richard Roux vit et travaille à Nice.

Enseignant à l’école primaire, il est maintenant conseiller pédagogique en arts plastiques et s’occupe de la formation continue des enseignants dans ce domaine et anime des ateliers de pratiques artistiques.

 

"Avec lui, tout est net, cerné. Le trait noir est sa ligne de conduite. Qu’il entoure les couleurs flashies des pin’up sophistiquées des années soixante, qu’il souligne les icônes de « réclames » ou qu’il dessine, en noirs et blancs abrupts, les visages graves des idoles qui nous ont fait rêver, il nous parle ce trait. Il raconte. Précis, il affirme les contrastes, délimite les sujets, comme pour mieux signaler le chemin parcouru.

Un chemin accidenté, parfois. En témoignent ces « découpages et collages » qui sont au cœur du travail de l’artiste, tels de fines cicatrices nous rappelant, avec nostalgie, la fragilité de l’image… image de soi, image des autres, image du temps qui passe…
Collectionneur du passé, mais tourné vers l’avenir, Richard Roux témoigne d’une époque, d’une culture qui a nourri notre imaginaire, artistique et affectif."

Françoise LAURENT

 

Expositions : Traces - FacettesDouble jeu - People - Badges…

"Facettes"


Après les couleurs flashies de "PEOPLE", après les noirs et blancs abrupts de "DOUBLE JEU", Richard nous livre aujourd'hui ses chromatismes fractionnés, facettes multiples des visages en un pavage aux teintes pastel.

L'œuvre évolue avec le temps qui, accomplissant son œuvre, adoucit l'intensité des couleurs, tout en offrant aux regards la douceur et la sagesse de l'expérience.

Etranges damiers que ces portraits habillés de camaïeux géométriques. Etrange labyrinthe que cette mosaïque de dames aux allures d'arc-en-ciel.

Dégradés de couleurs, dégradés d'émotions... comme si l'artiste, en une image riche en nuances, faisait défiler tout le passé gravé dans chacun des visages. Car ne nous y trompons pas : ce subtil jeu de cache-cache avec la surface révèle l'humain plus qu'il ne le dissimule. Sous le voile fragile des encres délavées, sous les traces aléatoires abandonnées au passage de l'eau, la précision du trait noir demeure, incisive, la profondeur des regards questionne.

Entre hasard et rigueur, Richard nous entraîne dans le sillage de sa palette chronologique, au cœur du dédale kaléidoscopique de personnages patchwork, reflets de ses propres miroirs.

Françoise LAURENT - Septembre  2006

 

 

 

"Double jeu"

Avec “DOUBLE JEU”, Richard Roux ne joue plus ; ou les règles ont changé.

Noirs et blancs abrupts, lignes précises, visages graves nous fixant droit dans les yeux… sous les traits appuyés du fusain, l’humain demeure au centre de la création, mais dépourvu d’artifices. Il joue franc jeu en quelque sorte ; se montre à nu. 

Et si les personnages restent jeunes, épargnés par la marche du temps, leurs photographies n’échappent pas au travail laborieux du souvenir : telles de vieux clichés déchirés, puis amoureusement réassemblés, elles revendiquent les fines cicatrices de ces « découpages et collages », ultimes vestiges d’une époque où Sylvie se demandait qu’est-ce qui fait pleurer les blondes…

Mais, rassurons-nous. Elles sont toujours là, ces filles sophistiquées qui fredonnent à notre mémoire les musiques disco des années soixante-dix, elles nous ravissent toujours avec leurs couleurs flashies et leurs regards nostalgiques cernés d’eye-liner… comme pour mieux souligner le chemin parcouru, elles témoignent des origines.

Double jeu, donc pour cette exposition en miroir ; double enjeu artistique, doubles jeunesses, qui se reflètent face à face : d’un côté l’apparente froideur du corps aux contours parfaitement délimités, de l’autre la transparence émouvante de radio/graphies pénétrant au cœur de l’âme. 
Une âme que ce passionné de portraits n’a pas perdue, mais affinée. Refusant l’indulgence de l’estompage, il affirme les contrastes et nous dévoile une étonnante facette de son talent, nous révèle une nouvelle sensibilité, un nouveau “je” qui nous renvoie à nos propres images du passé.
En blanc et noir, parions que Richard nous fera partager ses rêves, “ces petits riens ces petits tout qui font de nous des gens debout…”

Françoise LAURENT - Mars 2006

 

"People"

People... le ton est donné. Richard s'annonce. Avec lui, nous baignons dans la culture anglo-saxonne symbolisée par Mary Quant. Les sixties. Tout un style, tout un look. Filles sophistiquées en mini-jupes, beaux garçons rêveurs et ténébreux, groupes de jeunes gens posant à l'infini... la galerie de ces personnages paraît sortir d'une bande dessinée, avec ses couleurs flashantes et ses portraits cernés de noirs ; ici chaque être se définit avec précision. Pas d'incertitude. On devine l'assurance de jours heureux.  Tout est possible, tout reste à inventer. Et pourtant... Et pourtant les regards se font nostalgiques. Les lendemains ne chanteront pas toujours sur la "Maryska" de Sylvie Vartan et, à l'instar de Marylin, "les garçons et les filles de notre âge" ne seront pas toujours là. Elvis, Janis, J.F.K, Jimmy ou John... Ils résonnent dans notre mémoire, ils nous ont construits, ils resteront éternellement jeunes, beaux et mystérieux, comme ces "peoples " que nous propose Richard, ces peoples qui ont peuplé notre imaginaire, artistique et affectif. Les témoins d'une époque.

Témoins aussi, ces icônes de réclames, références incontournables : le Bibemdum rondouillet courant sur les route, la vache qui rit hilare, la grosse tête de la pointe bic, ou la porteuse d'eau Clairefontaine... "images de marques", images marquantes, répétées, déclinées en camaïeux qui glissent de l'orange au vert. Un clin d'œil à Warhold et à la Factory ? Et comment ne pas sourire à cette "Vénus revisitée", sortant de la piscine de David Hockney ou croisant Marylin  sur son chemin ? A moins qu'elle ne soit son double ? Son reflet à travers les âges ?

Autant d'hommages que l'artiste Richard Roux rend à ses "maîtres"  : Lichtenstein, Adami, Mondrian... des répères non figés, avec lesquels jouer, et se jouer du temps.

Collectionneur du passé, mais tourné vers l'avenir, Richard nous confie ses personnages intérieurs. Il leur donne une âme, et par là, il a le talent d'animer notre histoire commune en la reconstruisant.

… Ces peoples qui ont peuplé notre imaginaire, artistique et affectif. Les témoins d'une époque.

Françoise LAURENT - Février 2005

 

 

 

 

Commentaire (1)

1. Marie Mislej Le 20/09/2009 à 22:57

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Quel plaisir de pouvoir d'une seule lecture prendre des nouvelles de Richard et te découvrir en critique d'art.
Bravo à vous deux, et bises;
marie
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Dernière mise à jour de cette page le 29/01/2009

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