Ce commerce noir des sentiments par Jeanne Desaubry

A propos 

 

Françoise Laurent pose sur le monde un regard plein d'humanité, un regard dont l'indulgente tendresse n'exclut pas une grande perspicacité. Un regard féminin ? Son nouveau roman en est une expression de plus.

Dans " L'hiver continue au fond du magasin ", la galerie de ses personnages, leurs petits et grands défauts, leur agitation sans espoir pour échapper à leur destin, nous sont contés avec un humour léger mais corrosif, forme polie d'un pessimisme profond. Ce roman baigne dans une ambiance sonore très personnelle.  La musique y joue un rôle essentiel : bluettes des années soixante auxquelles Françoise Laurent adjoint les cigales, le mistral, l'accent méridional... La région niçoise et ses pans bagnat, l'été qui cogne... Et puis l'univers coloré avec le bleu dur de la mer, là-bas, des cieux saturés de soleil, le rouge des incendies, le noir de la fumée qui salit l'horizon, le rouge de la folie et du sang... Le rythme de ses phrases, balancées comme un blues triste, soutient à la perfection sa manière d'épingler les travers humains les plus minables, sans jamais condamner, sans juger. Françoise Laurent interroge avec subtilité le lecteur sur sa façon d'accepter son vieillissement, sa capacité à aimer et à pardonner, tout en l'entraînant dans une intrigue dont les fils sont tirés avec un grand talent. 

On retrouve avec bonheur la singularité de Dolla, son précédent roman chez Krakoen : rendre attachants les mesquineries, les défauts, rendre palpitante l'immobilité de la sieste, car elle infiltre le suspens, tel un acide, dans les moments les plus paisibles. 


Jeanne Desaubry


 

 

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